lundi 18 janvier 2010

Le club des "Transam"...


Sans vouloir surestimer ou sous-estimer ma traversee amazonienne je vous faire part du tres interessant message de Douglas Gunzelmann de Boston, USA... qui m'a retrouve recemment sur internet grace aux temoignages des riverains de la transamazonienne "un français, blond, avec des cheveux longs..." ont-ils dit...
Nous suivions, a un mois d'intervalle, la meme piste. Lui a commence a Belem, moi a Joao Pessoa, 2200 km et un mois et demi avant.
Il m'indique que nous ne serions que 6 depuis 1972 a avoir traverse la foret amazonienne a velo et donne les noms de "Micha", un allemand, sans donner plus de precisions, Louis Sutherland, un Neo-Zelandais qui a emprunte ladite piste de Belem a Cruzeiro do Sul dans les annees 70 sur un Raleigh a 5 vitesses (!!??). Il en avait tire un bouquin aujourd'hui epuise, appele "The Impossible Ride" sans oublier Dan Robson, Francisco Silverio, deux bresiliens et Ricardo Hernandez dont je ne connais pas la nationalite...
6 "bargeots" en 37 ans, c'est peu non ? ;-)

samedi 16 janvier 2010

Un ange est la...

5 jours de velos ininterrompus depuis La Paz m'ayant passablement entame la sante, je deciderai apres deux journees passees a Uyuni de prendre un bus jusqu'a Potosi. Uyuni, decevant, n'etant qu'une sucession d'agences touristiques alternant avec des hotels, elle ne trouvera grace a mes yeux que par son cimetiere de trains... triste realite !On m'avait decrit la route de Potosi comme difficile et Noel approchant, je ne me voyait pas peinant dans les deniveles andins le jour dit.
Pourtant, bien au chaud dans mon bus, je regretterai immediatement ma decision devant la beaute de cette route, finalement pas si difficile : pampa lunaire, canyons profonds, vallees luxuriantes gorgees de fruits et autre legumes... je trepignerai de depit, coince dans ma boite de conserve.
Mais tant pis, ce sera pour autre fois, car je papote maintenant depuis une bonne heure avec ma voisine Angela.
Si la majorite des boliviennes ont, emballees dans leurs jupes et autres jupons, le sex-appeal de la Mere Denis, il existe des exceptions et Angela, petit bout de femme tombe du ciel sur le siege voisin en est une preuve eclatante. Seule avec son petit Patrizio, elle jongle entre couches et biberons avec la grace d'un ange, et accepte volontiers apres une heure que je la "libere" du bambin excite.
Depuis toujours, j'ai la faculte de calmer les enfants et ça ne fera pas exception ; apres 10 mn d'attention, le minot est sage comme image et gazouille en regardant le paysage a travers la vitre embuee du minibus.
"Je te le laisse, si tu veux " me lancera-t-elle a la descente du bus sans que je ne sache jamais si c'etait du lard ou du cochon...
En verite, ce jours-la, j'aurai garde le fils... et la maman sans le moindre soucis ;-)

vendredi 15 janvier 2010

Diaporama bolivien...


Cliquer sur l'image pour afficher le diaporama
Je vous ai laisse au Perou, puis emporte par le voyage bolivien, je vous ai delaisse pour vous retrouver en 2010. Ce sera donc un diaporama de bonne annee depuis le lac Titicaca jusqu'a La Paz en passant par Uyuni, Potosi et ses mines d'argent puis Sucre ou j'ai passe Noel et le Jour de l'An.
Je vous souhaite de vivre ce que j'ai vecu avec ce qui faut de liberte, d'aventure, d'amour, de beaute et plus, mais alors plus du tout de stress lie au boulot ;-)

Le Salar de la peur...


L'entree du Salar a Tahua
Ma courte incursion de la veille ne m'avait donne qu'un bref aperçu de l'ampleur du Salar... Pedalant sereinement le long des rives, il n'y avait pas grand risque mais en franchissant, ce jour-la, les kerns de Tahua, mon coeur battait un peu plus fort. Le chauffeur du 4X4 avait pourtant ete tres clair "tu suis le deuxieme point sur l'horizon et tu le laches pas, c'est l'ile d'Inca Huasi, la maison de l'inca, en Quechua". Une ligne droite de 45 km dans l'immensite blanche...
Allez, j'y vais !!! Je debranche mon cerveau et je file bon train sur la croute de sel... En deux heures, c'est pese !!! J'atteins l'ile d'IncaHuasi et sa foret de cactus. Certains de 12 m de haut ont 1200 ans (100 ans = 1 m). Je profite de cette arrivee matinale pour decouvrir l'ile avant la foule des 4x4 qui bientot va debouler. A 11h, il fait tres chaud et je fais le tour de l'ile pour trouver un peu de fraicheur dans une grotte deserte reperee de l'autre cote de l'ile. J'ai decide de dormir sur le Salar... j'attendrai donc, en faisant la sieste que la temperature baisse avant de pédaler en direction d'Uyuni, la-bas a 100 km de l'autre cote. A 15h, la temperature est supportable et je pedale direction sud-est apres avoir fait le plein d'eau... Apres 3 heures, je decide de camper, un peu inquiet en observant la grosse depression qui se pointe par le nord-est... Je vois la pluie tomber et me demande si ce gros nuage noir va me rattraper. La pluie sur le Salar, ça peut signifier, 15 cm d'eau sur la croute de sel, ramollie et avec 50 cm d'eau en dessous, je n'aimerai pas m'enliser avec un velo de 45 kg. A 19h, un vent tres fort se leve et m'oblige a lever le camp pour trouver, si possible, un endroit plus abrite. J'observe depuis un moment, une tache blanche qui me semble pas si loin et je decide de la rejoindre... c'est un igloo de sel, parfaitement construit et entoure de murets utiles pour me proteger du vent. L'igloo sera ma cuisine et je planterai la tente dans la cour, abritee du vent par les murets. Le vent a encore forcit et je fabrique une protection de sel autour de ma tente pour empecher le vent de s'engouffrer entre la toile interieur et exterieur avant de cuisiner dans ma cuisine imporovisee.
Le vent soufflera fort toute la nuit et m'empechera de dormir. Je prendrai 3 mn de pluie au beau milieu de la nuit et je verrai de gros eclair zebrer le ciel pas si loin de mon campement.
A 8 h du matin, le vent cessera net, comme il est venu, pour laisser place a une chaleur seche et intense qui me cramera les yeux et la peau jusqu'a Uyuni que j'attendrai a 16h. La route de sortie de Colchani a Uyuni sera bien plus penible que les 70 km du salar : 25 km de tole ondulee !!!

Seul en sel...


Petit salar au nord d'Uyuni, qui se trouve pile de l'aute cote du volcan Tunupa
De la petite communaute jusqu'au village de Salinas, ce ne sont que 35 km que je parcourerai dans la fraicheur matinale pour dejeuner d'une riche soupe de quinoa en papotant avec les villageois intrigues par la "bici" (=velo, ici) chargee comme un mulet. Les gens sont aimables et paisibles dans ce village autrefois riche des salines toutes proches. Mais je suis pas d'ici et de ce joli village jusqu'a l'entree du salar d'Uyuni, il me faut rejoindre Jirira pour arriver a Tahua. On me decrit la piste comme facile en suivant le chemin "intersalar" qui lie les differents deserts entre eux (le Salar d'Uyuni n'est pas le seul). La piste, trempee des pluies precedentes n'est pas si facile mais le paysage est splendide et je me regale, observant les mirages, croisant les graciles vigognes ou les rutiques lamas et alpacas... J'observerai egalement, l'etrange viscacha et son corps a mi-chemin entre un lapin et un kangourou (voir diaporama ; on le voit detaler...). Apres les salar, la petite chaine de montagne autour du splendide volcan Tunupa me donnera du fil a retordre : sablonneux dans la montee, elle devient franchement pierreuse au sommet jusqu'a la descente de Jirira. Je choisirai d'entrer sur l'impressionnant et majestueux Salar pour rejoindre Tahua ou je deciderais de passer la nuit dans le tres bel hotel de sel, luxe ultime apres une nuit dans une grange ;-)

Le luxe de voler sur la terre...


Ma famille d'accueil d'un soir : hilares !
Apres 3 jours de visite touristique et de course effrenee pour trouver une carte detaillee de la Bolivie, une lampe frontale (paumee a Cuzco) et un objectif grand angle de camera (raye dans la tempete de sable du desert de Challa au Perou), quitter l'enfer de La Paz fut un reel soulagement... Acheter a prix d'or, le dit objectif, pourtant de qualite moyenne, s'est avere etre une denree rare dans ces contrees "sauvages".
Reequipe, je n'ai pas demande mon reste pour quitter ce "chaudron infernal" pour filer vers le Salar d'Uyuni. Sortie de ville difficile ; les montees sont impossible pour un velo chargee et je decide apres 15 minutes et 2 litres de sueur d'attraper un taxi qui me sortira du trou pour me poser, comme une fleur sur les hauteurs d'El Alto... La sortie d'agglomeration sera perilleuse tant la circulation est dense et anarchique. Les bus et taxis n'hesitent pas a me pousser "tranquillement" pour se frayer un chemin dans le flux : flippant !!!
La route vers Oruro sera une formalite a peine animee par des conditions meteo execrables : vent d'enfer, orage et pluie incessante. Comme d'habitude, et c'est ahurissant, je verrai les nuages me contourner et je passerai, une fois de plus, entre les gouttes.
La meteo et moi, c'est une histoire de fou car en quasi 7 mois de voyage je n'ai pris que 5 ou 6 heures de pluie !! A chaque averse, je me trouvais a l'abri ou a proximite d'un abri... ce qui n'est pas une mince affaire en foret amazonienne. Des dizaines de fois, je verrais de gros nuages me contourner ou des pistes et routes mouillees par des pluies m'ayant precedees.
Si Puno est laide, Oruro est horrible et n'est qu'un vaste bazar bruyant et pollue, sillonne de camions et bus hors d'age crachant huile et fumee dans l'atmosphere deja chargee de poussiere de sable. Je n'y resterai qu'une nuit pour reposer "la machine" avant de tracer vers Challapata et Santiago de Huari (on y fabrique la meilleure biere de Bolive !).
Huari, est la porte d'entree nord du Salar d'Uyuni. La route goudronnee devient piste sablonneuse puis pampa desertique que les pluies de le veille ont transforme marecage. Je roulerais 10 km avant de jeter l'eponge et attraper un camion de demenagement plus a l'aise que moi, avec ses grosses roues, dans ces pistes sablonneuses detrempees.
Ouch !!! je peine a hisser les 45 kg de Passport au dessus de la benne a plus de 4 m du sol, aide par la famille, qui, comme les meubles, voyage dans la benne !!
8 heures de galere, de camion plante, de pelletees pour traverser la pampa gorgee d'eau et rejoindre la communaute de Chipaya et ses plantation de quinoa.
Surprise a l'arrivee, sous les meubles, il y a 9 tonnes de briques et si je veux continuer avec le camion, il va falloir mettre la main a la pate... Deux heures pour vider le camion. La nuit nous cueillera, nous empechant de continuer la piste. Je dormirai, heberge dans la grange de la famille apres avoir fait une demonstration du fonctionnement de ma lampe frontale et de mon rechaud, je finirai, epuise, par manger sous l'oeil amuse de la famille (voir photo).

jeudi 14 janvier 2010

Voler sans decoller sur les routes de Bolivie*

"Pour rouler de Copacabana a La Paz, tu dois d'abord gravir les 5 km de la petite chaine de montagne sur laquelle est adossee la cite" me dira le berger. Dans la realite, ce sont 25 km qu'il te faut avaler, a peine entrecoupes de courtes descentes... un pur bonheur, malgre la difficulte de l'ascension, tant la route est belle et le paysage somptueux (voir diaporama). Il te suffit ensuite de plonger beatement, le sourire aux levres et les cheveux dans le vent vers le village de Calata ou tu chopes facilement, et pour un seul petit boliviano, un des curieux bacs colores et inclines qui te font traverser le bras de lac jusqu'a Ancoamay. Une traversee sans encombre qui te fait apprecier la splendeur du lieu, le cul tranquillement pose sur les flancs vermoulus du rafiot... serenite totale, berce par le clapotis de l'eau, accompagne du "poum-poum" caracteristique du moteur a quatre temps.
A peine assoupi, tu es deja sur l'autre rive ou t'attends ton copieux casse-croute : "pan de trigo, chocolate, banana et gaseosa" (pain de ble, chocolat, banane et soda...) avant d'attaquer la courte mais "rrRRrraide" montee vers les 3999 m.s.n.m (metres au dessus du niveau de la mer) materialises en jaune sur la route, au cas ou, tes poumons , que tu craches et ton leger mal de casque ne seraient pas suffisant pour te le rappeler... Tu files ensuite bon train dans la descente jusqu'aux ultimes replis du lac, puis, tu quittes, un peu deçu, toute cette beaute pour ne rouler que dans l'immensite pele de l'altiplano. La route plate, asphaltee est facile, longeant, avant d'arriver a La Paz, la cordilliere blanche couverte de neige.
Avant La Paz, c'est la guerre... tu dois d'abord eviter la mort, "surfant"sur la vague chaotique de la circulation d'El Alto, la ville qui la surplombe.

Tu mets plus d'une heure a atteindre La Paz, construite au fond de la vallee, 900 m plus bas, devalant la pente, zigzagant dans le traffic trop dense. A 20h, c'est un delire, alimente par la hargne des chauffeurs excedes dans des bagnoles polluees. Ça pue... les autos, culs a culs, se frayent un chemin a grands coup de klaxon dans le flot ininterrompu de bus et camions... Mais, "Ouf!", dans la vieille ville, des montees de damnes regulent le trafic, eliminant, les bagnoles trop pourris et les camions deja bien cuits... je reprends mon souffle.

*Une maxime ecrite sur les bavettes des quelques velos "customises" que je rencontrerai sur la route entre Copacabana et La Paz. Un vrai bonheur que de lire ces petites phrases...